Revenir en France après un long séjour au Japon : guide pratique et témoignages
Après plusieurs années passées au Japon, certains Français doivent prendre la décision de rentrer définitivement en France, parfois dans des conditions choisies, parfois imposées par des raisons familiales ou personnelles. Ce retour, souvent appelé « choc culturel inversé », représente une étape complexe qui mêle démarches administratives, recherche professionnelle, adaptation sociale et émotionnelle. Voici un panorama complet des points à anticiper et des ressources utiles.
Vivre au Japon pendant de longues années modifie en profondeur les habitudes, la vision du monde et le rapport aux autres.
Retour à une culture familière mais devenue étrangère : beaucoup décrivent une impression d’étrangeté face à des situations pourtant “naturelles” en France.
Différences de rythme et de mentalité : au Japon, l’efficacité, la courtoisie et la rigueur marquent la vie quotidienne. Le retour en France peut sembler plus désordonné ou individualiste.
Charge émotionnelle : revenir après un deuil ou une obligation familiale accentue le sentiment de perte.
👉 Anticiper cette phase et en parler avec d’autres anciens expatriés aide à normaliser l’expérience.
Un retour réussi se prépare idéalement 12 à 18 mois à l’avance :
Documents : mettre à jour ses papiers, rassembler diplômes, contrats de travail, certificats de naissance/mariage traduits si nécessaire.
Banques et fiscalité : vérifier sa situation fiscale (impôts en France et au Japon) et organiser les transferts d’argent.
Santé : résilier ou transférer son assurance japonaise, préparer son affiliation à la Sécurité sociale française.
Enfants : contacter les établissements scolaires français à l’avance, ou envisager une inscription au CNED en période de transition.
Pôle Emploi : inscription possible dès le retour, avec un accompagnement.
APEC : pour les cadres et ingénieurs, propose un coaching personnalisé.
Réseaux professionnels : LinkedIn, anciens élèves, réseaux d’expatriés de retour.
Chambres de commerce : la CCI France Japon et la CCI France International peuvent fournir des contacts.
Obtenir une carte de séjour “Vie privée et familiale” en tant qu’époux(se) de Française.
Ce titre de séjour autorise à travailler librement.
Valoriser l’expérience japonaise auprès d’entreprises françaises ou internationales.
👉 De plus en plus d’entreprises françaises recrutent à distance, ce qui peut faciliter la transition avant même le retour.
Solution transitoire : habiter chez de la famille ou opter pour une location meublée de quelques mois.
Aides au logement : Action Logement, CAF, parfois aides locales.
Marché immobilier : certaines régions offrent plus d’opportunités que d’autres. Un choix stratégique peut reposer sur le bassin d’emploi visé.
Scolarisation : prendre contact tôt avec l’Éducation nationale, surtout si l’enfant n’a pas suivi un programme français.
Crèche et maternelle : inscrire l’enfant dès l’arrivée, souvent via la mairie.
Transmission culturelle : le retour est aussi une transition pour les enfants nés ou élevés au Japon, qui peuvent se sentir “entre deux cultures”.
Sécurité sociale : réouverture des droits (dossier auprès de la CPAM).
CAF : aides pour la garde d’enfants et logement.
Impôts : signaler le changement de résidence fiscale.
Préfecture : démarches pour le conjoint étranger.
Pôle emploi : inscription rapide pour bénéficier des droits éventuels.
Maison des Français de l’Étranger (MFE) : informations officielles.
France Retour Accueil : association d’aide au retour.
Groupes en ligne : “Ex-expat, retour en France”, forums d’expatriés.
Associations locales : pour l’intégration du conjoint étranger.
« Le plus difficile n’a pas été le déménagement mais la réadaptation psychologique. »
« J’ai sous-estimé le temps nécessaire pour retrouver un emploi en France. »
« Pour les enfants, la crèche et l’école ont facilité l’intégration. »
« Le soutien de groupes d’anciens expatriés m’a évité de me sentir isolé. »
Découper les démarches en étapes : emploi, logement, administratif, intégration.
Ne pas rester isolé : se rapprocher d’associations ou groupes d’entraide.
Accepter la période d’adaptation : quelques mois de flottement sont normaux.
Prévoir une épargne tampon : les premiers mois en France sont souvent coûteux.
Revenir en France après un long séjour au Japon est une aventure en soi. Elle combine des aspects logistiques, professionnels, administratifs et humains. La clé réside dans l’anticipation, la recherche de soutien, et l’acceptation du temps d’adaptation nécessaire. Chaque expérience est unique, mais partager ces parcours permet de se sentir moins seul et mieux armé face à ce grand changement.